C'est
le week-end, on vient voir ce qu'est EbulliScience. Bonaldi, l'autre jour, a titillé
la curiosité de la famille attablée devant son poste de TV ou bien est-ce l'article
dans "Science et Avenir" ? Peu importe, "Lyon-Poche" a peut-être suffi. Voilà
la famille qui débarque : maman, les enfants, une tante, un grand cousin qui vient
parce qu'on l'a supplié et tonton qui a fait le chauffeur parce que papa est en
voyage d'affaires.

On
écoute les explications de l'animateur qui s'interrompt un court instant à cause
du téléphone. "De la place ? […] eh oui, la capacité de la salle est limitée.[…]
Il faut réserver, Madame, […] Au revoir !" Il reprend. Pas d'explications ? Voilà
qui étonne pour de la vulgarisation scientifique. Ce n'est pas ordinaire. Il faut
faire quoi au juste ? Pas de parcours fléché, pas de mode d'emploi ? Les enfants
s'en fichent et ne se font pas dire deux fois qu'"on peut toucher". Ah, voilà
un autre téléphone ! à ficelle ! Tonton se souvient y avoir joué dans son enfance,
mais, tiens donc, il n'a pas jamais pensé à comparer comment ça faisait avec un
autre fil. "Plus long, tonton ! Plus court ! Et avec d'autres gobelets ? Et ce
gros tuyau, à côté, c'est quoi ?" Le cousin récalcitrant somme l'animateur de
lui démontrer l'intérêt de ces quatre bocaux remplis de sable. Qui y a-t-il
de scientifique avec ces récipients à cornichons ? Le complice sourit et donne
le bocal numéroté "1" au visiteur. A lui de dire ce que va faire l'objet posé
sur cette pente. On voit à la tête du cousin qu'il sait très bien "ce qui va se
passer ". L'animateur reste en réserve,sachant de son côté, que le bocal N°2 ne
l'épatera pas plus. Mais voilà que le cousin change de tête quand le bocal n°
3 s'arrête en pleine pente. La question "Qu'est-ce-qui compte " soudain lui
paraît moins futile. Oubliés les cornichons - "et si on y mettait autre chose
que du sable dans le bocal ?" A ce visiteur là, le complice ne dira pas qu'il
vient d'émettre une hypothèse.

Trop
tôt ! surtout qu'il trouve que le remplissage au pif des bocaux n'est pas valable.
Au moment où le complice sort de dessous de la table une balance, arrivent les
petits cousins qui ont abandonné tonton en train de discuter ferme avec maman,
une lampe de poche braquée sur un drôle de moulinet dans un globe de verre. "C'est
quoi ces bocaux" Le grand cousin, soudain, se sent une âme de pédagogue et refait
tout depuis le début. Qu'est-ce qui arrête le bocal N°3? On transvase du sable,
on pèse, on compare. La piste est-elle bonne ? Le complice, évasif, vole au secours
de la tante qui fait marcher un sèche-cheveux sans trop savoir à quoi servent
ces boules de polystyrène qui sont à côté. Elle vient d'avoir l'idée d'en lâcher
une dans le flux d'air. Tant mieux, d'autres visiteurs viennent d'arriver, il
faut les accueillir. Après la visite, ils aimeraient fêter l'anniversaire des
jumelles. Ils ont apporté le gâteau et les bougies. D'accord, mais à condition
que ces messieurs-dames fassent la visite ! Mais comment ! Ils sont récidivistes.
La dernière fois, l'après-midi n'avait pas suffi. "ah, mais celle là, n'y était
pas l'autre jour ! " s'exclame-t-on. Un panonceau indique en effet la présence
d'un prototype mis à l'essai dans la salle. Les visiteurs sont invités à s'y faire
les dents sous l'œil attentif de l'animateur qui retient tout ce qui lui permettra
de peaufiner son animation … et celles de ses collègues.L'usine
à idées est partout à EbulliScience. | | Classe
de découvertes à EbulliScience Nous sommes lundi, en hiver, un car est garé sur
le parking d'EbulliScience. Les enfants emmitouflés s'agglutinent devant la porte
vitrée d'EbulliScience. Ils sont en avance. 13h30, un animateur tourne la clef.
C'est la ruée vers les porte-manteaux, les toilettes. Les instituteurs, les accompagnateurs
et les animateurs d'EbulliScience se saluent et mettent rapidement de l'ordre
dans leur petit monde.

Tout
a été déjà réglé par téléphone. On peut donc écouter le discours d'introduction
de l'animateur. Des petits rires s'élèvent à l'instant où il dit qu'ici il est
de "permis de toucher", mieux, qu'il est "interdit de ne pas toucher.". Franc
succès ! Reste maintenant à savoir ce que veut dire : "se mettre dans la peau
d'un chercheur" ou encore "manipuler" et surtout faire une hypothèse". Trêve de
discours, on y va. Il y a un animateur, c'est à dire un complice pour dix participants
et un adulte accompagnateur également pour dix, sans compter l'assistant d'animation
qui a l'œil sur tout : la casse - plutôt rare - et les coups de main à donner,
démêler des fils du boulier de Newton, ranger en permanence ou bien aller chercher
des accessoires à l'atelier attenant à la salle, un bout de scotch par ci, un
coup de tournevis par là. Tout ça pour donner corps à la fameuse "hypothèse" !
C'était donc ça ! Et tout cela va durer une heure et demie, un temps consacré
à l'observation, à la réflexion et à l'imagination débordante des enfants. Les
expériences peuvent toutes être abordées par le jeune public.
L'espace
est clair et convivial. La scénographie et souple et s'adapte aux tout petits
de la maternelle. Les expériences fabriquées avec du matériel de proximité ne
les intimident pas. L'idée que tout ce qui est proposé ici peut être refait à
la maison va de soi et ouvre tout naturellement le champ de l'observation sur
la vie de tous les jours. Les enfants ont vite fait de comprendre la "complicité"
de l'animateur qu'ils appellent par son prénom et qui est là pour donner le petit
encouragement quand il le faut. On ne peut le confondre avec l'instituteur ou
avec le professeur car - comme c'est bizarre - le complice, tout comme lui, "ne
sait pas" et pourtant il ne reste pas les mains dans les poches, il discute, il
aide à chercher et, ce qu'il y a de bien, c'est que finalement on arrive à "trouver"
des choses en faisant les expériences de la salle. Il y a ce qui marche et ce
qui ne marche pas. Parfois on se trompe et parfois on a raison. A partir de là
on peut continuer. Arrive pourtant le moment où c'est fini. On bat le rassemblement
dans un endroit de la salle où tout le monde s'assied pour faire le bilan. Les
avis se confrontent, se confortent ou s'effilochent. Si beaucoup de questions
restent ouvertes, on repart toutefois avec le sentiment qu'il y a des réponses,
et que toutes ne se valent pas.

Qu'il
faut comparer et mettre à l'épreuve sans cesse pour bien comprendre ce qui se
passe, que ce soit dans une bouteille en plastique, ici à EbulliScience, ou à
l'école ou encore à la maison. Au revoir, petit citoyen en herbe… et, peut-être,
futur recrue du CNRS !

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